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Syndicat général de l'Éducation nationale et de la Recherche publique

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  • 13 juillet 2011

    Mais avec les premières déclarations du ministre sur les rythmes : ça commence mal !

    Le rapport confirme les précédents. A partir du constat désormais officiellement posé, il faut agir pour rendre les rythmes de vie des enfants compatibles avec les réalités de notre temps. Cela dépasse la seule école. Il s’agit de savoir ce que peuvent faire les collectivités, quelle place peut prendre le monde associatif et dans quelles conditions, comment peuvent s’adapter les organisations professionnelles des parents. Il s’agit aussi de définir l’intervention de l’État pour garantir la nécessaire équité territoriale, de coordonner l’action des communes (grandes et petites villes, monde rural), communauté de communes, départements, régions.

    1ères conclusions du rapport sur les rythmes scolaires : tout sur la journée, la semaine, l’année...

    Le comité de pilotage de la conférence nationale sur les rythmes scolaires a remis son rapport au Ministre de l’Education national, de la jeunesse et de la vie associative le 4 juillet 2011. Dans ce rapport, une série de propositions d’évolution des rythmes scolaires est annoncée selon 3 axes : la journée de l’élève, la semaine de travail des enseignants et l’année scolaire.

    Les 10 mesures pour des rythmes "plus équilibrés"

    La journée
    -  1/ amplitude journalière identique pour tous les écoliers et collégiens : 7 heures au moins, 8h30 pour ceux qui ne rentrent pas déjeuner chez eux. Horaires d’entrée et de sortie fixes et réguliers : 8h30 - 17h par exemple

    -  2/ limitation de la durée totale des cours : 5 heures par jour à l’école élémentaire et pour les deux premières années de collège, 6 heures par jour en classe de 4e et de 3e

    -  3/ 1 à 2 heures par jour d’accompagnement éducatif pour tous : 2 heures par jour à l’école et en classe de 6e et de 5e au collège / 1 heure en classe de 4e et de 3e

    -  4/ pause méridienne qui ne peut être inférieure à 1h30 en principe à l’école et au collège, que les élèves rentrent chez eux ou non

    La semaine
    -  5/ étalement de la semaine sur au moins 9 demi-journées, dont, à l’école élémentaire, une demi journée supplémentaire de trois heures d’enseignement (le mercredi ou le samedi)

    -  6/ limitation de la durée hebdomadaire d’enseignement : 23 heures à l’école élémentaire et pour les deux premières années de collège L’année : une répartition des temps plus régulière

    -  7/ une année organisée en 38 semaines d’école et séquencée en 5 périodes d’enseignement d’une durée comprise entre 7 et 8 semaines : 8 semaines de petites vacances sur 4 périodes de 2 semaines / 6 semaines de vacances d’été

    -  8/ une organisation concertée et régulière, sur la semaine et sur l’année, pour les travaux et contrôles demandés aux élèves, notamment au lycée

    -  9/ une division de la France en 3 zones pour toutes les vacances sauf celles de Noël. Une plage commune est maintenue pour l’ensemble des zones entre le 13 juillet et le 16 août

    Un partenariat modernisé
    -  10/ une gouvernance et un partenariat renouvelés entre l’État et les collectivités territoriales, les enseignants, les familles, les établissements nationaux, les associations.

    S’agissant du système éducatif lui-même, à partir des enseignements donnés par la recherche, il faut revoir la répartition du travail des élèves sur la journée, la semaine, l’année. Le rapport donne des pistes intéressantes mais pas de solution miracle qu’il suffirait de décider au ministère de l’Éducation nationale ou à l’Élysée.

    Pour parvenir à la réussite de tous, les rythmes sont indissociables des contenus, que ce soit pour les écoliers, les collégiens ou les lycéens. Parvenir à une charge de travail mieux équilibrée n’a guère de sens si l’on en reste à des programmes trop lourds. Une réforme des rythmes doit être pensée pour faciliter l’acquisition du socle commun de connaissances et de compétences pour tous. Elle appelle donc une réflexion d’ensemble sur les contenus. Il faut aussi que tous les partenaires concernés puissent se l’approprier. Pour cela le Sgen-CFDT prend position en faveur d’un cadre national fort concernant les volumes horaires, les programmes, les services des personnels ... mais permettant des adaptations locales débattues dans les territoires.

    Concernant les personnels, aucun alourdissement de la charge de travail globale ne sera acceptable. Il est possible de réorganiser cette charge de travail notamment pour l’équilibrer mieux et pour tenir compte des charges actuellement non reconnues, mais un simple aménagement de calendrier faisant reposer les mesures à venir sur des dégradations des conditions de vie et de travail des personnels serait le plus mauvais choix parce qu’il priverait la réforme envisagée de la dimension d’adhésion collective nécessaire à sa réussite.

    Aucune réforme ne s’installe par l’injonction ! Le Sgen-CFDT réitère sa revendication, formulée depuis 2008, auprès du ministre d’alors. Les rythmes scolaires sont étroitement liés à ceux de la société, ils ne sont pas simplement l’affaire de l’Éducation nationale mais bien celle des partenaires sociaux dans leur ensemble. Une discussion la plus large impliquant l’ensemble des acteurs concernés doit être ouverte pour donner une cohérence aux rythmes et aux contenus scolaires dans cette perspective de réussite. Mais, toute transformation d’ampleur des rythmes scolaires doit aussi être impérativement négociée au sein de l’Éducation nationale avec les organisations représentatives pour définir des conditions d’exercice du métier respectueuses des personnels.

    Le Sgen-CFDT est très inquiet des premiers commentaires du ministre diffusés après la remise du rapport sur les rythmes des enfants.

    Le ministre qualifie de consensuelle l’hypothèse d’une réduction de deux semaines de la durée des vacances d’été. C’est aller bien vite en besogne !

    Il la sépare des questions de la semaine de quatre jours ou de la charge de travail journalière : c’est pour le moins curieux puisque travailler deux semaines de plus n’a de sens que si on revoit en même temps les rythmes journaliers et hebdomadaires !

    Par ces déclarations, le ministre semble simplement prendre ses désirs pour des réalités, déclarant « opérationnelles » et « consensuelles » les mesures qui l’arrangent, qualifiant de « complexes à mettre en œuvre » celles qui bousculent l’organisation traditionnelle et renvoyant à la campagne présidentielle les « chantiers structurants », en fait les questions de fond !

    Pour le Sgen-CFDT, si le ministre veut un débat de qualité pour prolonger le rapport sur les rythmes qui lui a été remis hier, il faut qu’il renonce à ne choisir que les propositions qui l’arrangent parmi celles dont l’intérêt principal est justement la cohérence.