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Syndicat général de l'Éducation nationale et de la Recherche publique

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  • 30 mars 2013

    Revue francilienne du Sgen-CFDT

    Quoi de neuf ? n° 23 - Comment réformer l’école ? (PDF - 1.8 Mo)

    Edito :

    Le verbe « réformer » a vu son sens dévoyé ces dernières années. Sous l’ère Sarkozy, c’est devenu un gros mot, ou presque. Il faut dire qu’il a été utilisé à mauvais escient. La « réforme Darcos » imposant la concentration des cours sur 4 jours a eu un effet dévastateur sur les conditions de travail des enseignants et des élèves. La « réforme de la Mastérisation » a été terrible pour les collègues débutants : imposer un stage à temps plein avec un accompagnement pédagogique a minima n’a fait qu’aggraver les conditions d’entrée dans le métier.

    La réforme de la voie professionnelle est décevante dans sa mise en oeuvre : l’accompagnement personnalisé s’applique dans de très mauvaises conditions, les CAP promis ne sont pas arrivés pour accueillir ceux qui n’iront pas jusqu’au bout du Bac pro...

    On comprend que ce verbe fasse peur, et incite les collègues à s’en méfier. Dans notre champ professionnel, et pour d’autres organisations syndicales, la réforme peut être synonyme de danger, le changement fait peur, et s’accrocher coûte que coûte à ce qui existe est rassurant. Le statut de 50 qui est soi-disant garant de notre profession est un doudou que l’on ne veut pas quitter. Qui peut dire que l’on enseigne en 2013 comme en 1951 ?

    La réforme peut aussi être un prétexte à l’immobilisme : on revendique une transformation, MAIS ce n’est jamais le bon moment, les conditions ne sont pas réunies, les garanties sont trop faibles... Pour d’autres, point de changement sans révolution, la réforme par son caractère progressif, s’inscrivant dans le cadre des institutions existantes est mauvaise par nature. On s’agite, mais on ne propose pas et la rue suffira.

    Pour le Sgen-CFDT, il est temps de donner du corps à ce verbe, en revenant à sa définition première. Réformer : modifier en apportant des améliorations. Changer. OUI, l’école a besoin de changement. OUI, on peut et doit améliorer son fonctionnement. A nous de porter des revendications constructives et réalistes. De nous battre pour obtenir des conditions de mise en oeuvre acceptables pour les élèves comme pour les personnels. Il y a aujourd’hui beaucoup d’attente avec la priorité donnée à l’école, à la cohérence entre tous les cycles à travers le socle commun. Le défi que se donne la France pour les jeunes et pour l’emploi doit passer par une mise en oeuvre de la refondation négociée, cohérente et respectueuse de tous les acteurs de l’école. Il est temps d’agir et d’être porteurs de projet, ambition compliquée et parfois, casse-gueule mais ô combien passionnante !

    -  La Réforme des rythmes porte mal son nom, elle ne change que la semaine et envisage une question majeure par le petit bout de la lorgnette. Modifier en profondeur en apportant des améliorations nécessite d’abroger les programmes ( en 2015 ? ) mais aussi de faire évoluer le calendrier, distinguer les temps de l’enfant en fonction de leur âge. Avoir 5 ans et aller à l’école ne doit pas se vivre au même rythme qu’à 10 ans. En étalant le temps hebdomadaire, on entrebâille la porte, mobilisons nous pour la dégonder ! Pour cela il faut impliquer les collègues, écouter leurs inquiétudes et leur expertise.

    Sandrine Grié, co-secrétaire gérérale Sgen-CFDT Académie de Versailles